Relance économique et innovation: Une occasion historique

La crise que nous vivons a non seulement pris le monde par surprise, mais a également mis en lumière l’importance fondamentale de la recherche et de l’innovation pour notre santé, pour notre économie ainsi que pour notre mode de vie en général. Cette crise n’est comme aucune autre auparavant et la nouvelle réalité du marché du travail imposera de nouvelles obligations qui forceront une grande adaptabilité de tous ainsi qu’une collaboration exemplaire entre tous les acteurs sociaux et économiques impliqués dans la relance.

C’est dans cet esprit que le comité que nous représentons s’est créé dans les jours qui ont suivi le début de la pandémie au Québec afin de rassembler des leaders des milieux de la recherche et des entrepreneurs pour proposer des pistes de solution aux différents gouvernements. Nous avons à cet effet soumis 11 propositions au gouvernement du Québec que nous résumons ici.

FAIRE AUTREMENT

Un grand exercice de relance économique se mettra prochainement en branle tant à Québec qu’à Ottawa. Jadis, les programmes de relance étaient le monopole des grands chantiers d’infrastructure. Nous sommes d’avis qu’il faut voir plus loin et réfléchir à des mesures qui auront également un impact à long terme sur l’économie et dans nos régions. L’innovation doit donc être une pierre angulaire des stratégies qui seront mises de l’avant.

Au Québec, l’État a un rôle de catalyseur économique important qui, sans doute, va s’accentuer dans le cadre de la relance. Le gouvernement a la capacité de donner des contrats, d’investir dans des créneaux stratégiques et de solidifier l’écosystème de la recherche collaborative. Il a aussi la capacité de proposer des effets leviers pour encourager les collaborations ainsi que la commercialisation des innovations faites au Québec.

L’agilité de l’État et de ses programmes sera également un élément important pour accélérer l’impact des projets d’innovation. Nous croyons qu’il est souhaitable de trouver des moyens de faciliter l’accès aux marchés publics pour les PME technologiques d’ici et de mettre en place des contrats sous la forme de « bacs à sable » afin de tester des innovations à fort potentiel d’impact.

Nous croyons aussi que le temps est venu de revoir la règle du plus bas soumissionnaire dans les contrats publics afin de favoriser le développement d’infrastructures physiques et numériques innovantes et plus durables tout en établissant des chaînes d’approvisionnement stratégiques à haute valeur ajoutée pour les secteurs ciblés. Une révision des processus d’attribution des contrats publics permettrait également aux PME et aux start-up de compétitionner avec les grands acteurs internationaux.

L’APRÈS-CRISE : DES MESURES PÉRENNES

La crise sanitaire nous a permis de comprendre l’importance de l’approvisionnement local dans de nombreux secteurs stratégiques comme la santé et l’agroalimentaire. Nous croyons qu’une analyse des besoins en matière de certification et de normalisation internationale pour ces secteurs pourrait ensuite permettre de soutenir le développement des expertises et des infrastructures de recherche nécessaires à la conduction de ces tests sur notre territoire.

Finalement, dans un contexte où de nombreux pays développeront davantage de stratégies pour défendre leurs industries phares, les entreprises québécoises ont tout intérêt à mettre en commun leurs forces en développant un collectif de défense et de valorisation de la propriété intellectuelle créée sur notre territoire.

Dans chaque crise résident des opportunités. Celle-ci a d’abord révélé la grande capacité mobilisatrice des acteurs de l’écosystème de l’innovation au Québec, notamment dans le cadre d’appels à solutions dans le domaine de la santé. Elle nous donne également la possibilité de bâtir les bases d’une économie plus innovante et nous avons à la fois les talents, les outils fiscaux et économiques ainsi qu’une volonté sans borne des entrepreneurs et des chercheurs d’ici à faire la différence pour y parvenir. À nous tous de saisir cette occasion.

Liste des signataires membres du comité de gestion et de sortie de crise du réseau QuébecInnove :

Isabelle Foisy, PDG de QuébecInnove et coprésidente du comité, Marie Gagné, PDG de Synchronex et coprésidente du comité, Simon-Pierre Diamond, directeur des affaires gouvernementales, Element AI, Martin Enault, président de Revivre, Francis Fournier, PDG de COREM, Olivier Grenier, directeur de la table des BLEU, Paulette Kaci, DG de Vestechpro, Marie-Claude Lagacé, PDG de Humanovis, Denis Lafrance, PDG d’OPTECH, Patrice Lavoie, vice-président développement des affaires, Varitron, Alain Lemieux, associé de Noovelia, Luc Sirois, PDG de Prompt


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Ce contenu a été mis à jour le 2020-06-11 à 12 h 46 min.